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Moi, d’un Japon ambigu.
L’exposition emprunte son titre à un recueil de textes du japonais Kenzaburo Oé.
L’écrivain relevait déjà l’extrême difficulté pour le Japon de se reconstruire sur ses bases culturelles historiques alors que le glissement occidental se faisait de plus en plus sentir.
Le groupe show donne à voir cette ambiguïté à travers des photographies et une vidéo.
Regards croisés d’un Occidental et d’une Japonaise sur un pays qui a connu une mutation radicale en quelques années. Que ce soient les photographies épurées au cadre rigoriste et à la tonalité neutre de David Balhuizen ou la vidéo autobiographique aux éclats finaux plus « pop » de Miki Nitadori, il se dégage de ces regards un malaise palpable : que reste-t-il à un peuple lorsqu’il abandonne sa culture ?
Loin des images convenues d’un Japon high-tech ou au contraire bucolique, les photographies de David Balhuizen exacerbent la perte du repère identitaire. Des individus esseulés se confondent par la couleur dans des univers anonymes.
“Absences” dans des vêtements aux coupes occidentales; rien ne nous permet de trouver dans ces photographies l’indice d’ancres culturelles. Le Japon saisi par le photographe est un pays qui a choisi d’adopter radicalement une culture qui n’est pas la sienne, faisant naître des individus perdus dans un tiraillement identitaire. Pantins sans âme au regard fuyant, architectures modernes s’élevant sur les traces d’un pays hésitant, les ombres qui marquent les photographies semblent surgies ex nihilo.
Dans sa vidéo, Miki Nitadori parle de sa double culture. Elle a grandi a Hawaï parmi les premières et deuxièmes générations de Japonais Américains . Ses référents culturels sont occidentaux. De retour au Japon, elle découvre avec étonnement des jeunes femmes au blond platine : elle qui pensait son expérience singulière, apprend que son pays a bousculé ses critères esthétiques d’antan.
Dans « Blond Ambition », elle tente en mélangeant souvenirs familiaux et témoignages de comprendre pourquoi son pays a cédé à l’esthétique américaine, si éloignée de celle qui fut pendant des siècles celle du Japon. Que peut encore signifier « être Japonais » alors que l’on cherche à faire disparaître les cheveux noirs à coup de peroxyde? Les rires entendus à la fin de la vidéo ne relèvent que d’autant plus les traumatismes et la culpabilité de la société nippone.
Images d’archive et figures pops mettent l’accent sur l’ambiguïté d’une telle position.
La fragilité de l’identité nationale semble ici saisie dans une acuité particulière.
“Ma vie est un pois perdu parmi des millions d’autres pois” déclarait Yayoi Kusama. Les travaux de David Balhuizen empreint d’une lisse et soyeuse solitude et ceux de Miki Nitadori, faits de tourments identitaires nous donnent ici des clés de lecture des paradoxes japonais.
L’exposition emprunte son titre à un recueil de textes du japonais Kenzaburo Oé.
L’écrivain relevait déjà l’extrême difficulté pour le Japon de se reconstruire sur ses bases culturelles historiques alors que le glissement occidental se faisait de plus en plus sentir. Le groupe show donne à voir cette ambiguïté à travers des photographies et une vidéo.
Regards croisés d’un Occidental et d’une Japonaise sur un pays qui a connu une mutation radicale en quelques années. Que ce soient les photographies épurées au cadre rigoriste et à la tonalité neutre de David Balhuizen ou la vidéo autobiographique aux éclats finaux plus « pop » de Miki Nitadori, il se dégage de ces regards un malaise palpable : que reste-t-il à un peuple lorsqu’il abandonne sa culture ?Les travaux de David Balhuizen empreint d’une lisse et soyeuse solitude et ceux de Miki Nitadori, faits de tourments identitaires nous donnent ici des clés de lecture des paradoxes japonais.